Êtres chers, Les
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Les Êtres chers

Can. 2015. Chronique de Anne Émond avec Maxim Gaudette, Karelle Tremblay, Valérie Cadieux. Sur une vingtaine d'années, les tourments d'un ébéniste du Bas St-Laurent et de sa famille, marqués par le suicide du patriarche. Opus sincère et personnel sur la transmission du mal de vivre. Ensemble un peu timide fondé sur l'évocation et les non-dits. Bonnes compositions d'images et de climat. Brillant M. Gaudette. (sortie en salle: 20 novembre 2015)

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Les Êtres chers
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Genre : Chronique
Durée : 102 min.
Production : Sylvain Corbeil
Nancy Grant
Réalisation : Anne Émond
Scénario :
Photographie : Mathieu Laverdière
Musique : Martin Léon
Montage : Mathieu Bouchard-Malo
Pays : Canada (Québec)
Distributeur : Les Films Séville
Interprètes : Maxim Gaudette
Karelle Tremblay
Valérie Cadieux
Mikaël Gouin
Louise Turcot

Bas St-Laurent, 1978. La famille Leblanc est secouée par le suicide du père, Guy. Afin de protéger David, le cadet hypersensible, sa soeur et son frère font croire à un infarctus. Héritier des outils de son père, David bâtit son atelier de menuiserie, où il développe sa spécialité: les marionnettes en bois. Un soir de Noël, il fait la connaissance de Marie, qui devient son épouse. De leur union naissent Frédéric et Laurence. Avec cette dernière, David forge une relation complice qui, malgré une rupture de confiance temporaire, se prolongera à l'âge adulte. De plus en plus en proie au mal de vivre qui a eu raison de son père, David s'enferme dans le silence, tandis que Laurence, qui présente les mêmes traits psychologiques, les sublime dans la création littéraire, passion qui l'a conduite jusqu'à Montréal.

L’avis de Mediafilm

La Québécoise Anne Émond signe avec ce second long métrage un opus beau, mais imparfait, sur le thème de la transmission. La voix qui le porte sonne néanmoins tout aussi sincère et personnelle que dans NUIT #1, tout en rompant radicalement avec l'unité de temps et de lieu qui caractérisaient ce premier film. En effet, LES ÊTRES CHERS se déploie en plusieurs décors et saisons, sur une vingtaine d'années marquées par un fil conducteur: le mal de vivre en miroir d'un père et de sa fille. Réalisé avec un soin méticuleux ainsi qu'un sens discret de la composition (d'images et d'atmosphère, à parts égales), l'ensemble apparaît toutefois un peu timide, voire tourné vers l'intérieur. À force d'évocation et de non-dits, Émond donne peu de prise aux spectateurs, et devient elle-même l'esclave de son parti pris: raconter deux décennies en seulement 102 minutes. Du coup, on manque d'apercevoir le passage du temps sur les visages, en particulier sur celui du brillant et habité Maxim Gaudette, qui projette avec ses yeux toute la fatigue de son personnage. (Texte rédigé en septembre 2015, dans le cadre du Festival international du film de Toronto)

Texte : Martin Bilodeau

Revue de presse

Du côté de la vie

LES ÊTRES CHERS est un film empreint de nostalgie. Ce sentiment est (...) accentué par la très belle trame musicale de Martin Léon. Mais l'oeuvre est aussi traversée d'une formidable chaleur humaine, sans (...) verser dans le sentimentalisme surfait. (...) rien n'est jamais trop appuyé.

À fleur de peau

Traitant d’un sujet intime et personnel, Émond trouve souvent le ton juste. (...) Mais le (...) film souffre (...) d’un problème d’équilibre scénaristique: à trop insister sur la relation entre David et Laurence, on perd la puissance des autres liens familiaux et de l’amour qui les sous-tend.

Anne Émond Finds Love Among the Ruins in LES ÊTRES CHERS

LES ÊTRES CHERS fits into a tradition of Québécois films about troubled men. (...) But Émond rightly notes that her movie is focused on the relationship between a father and his daughter, compared to so many local franco films that have given centre stage to fathers and sons and their issues.

Famille, je t'aime

La distribution, sobre et sans faire-valoir, contribue à la véracité de la mise en scène et à la livraison des textes sans prétention. (...) avec LES ÊTRES CHERS, Anne Émond ouvre les vannes du sentiment avec une oeuvre touchante, vibrante, de l’émotion paternelle, de l’amour filial, et ce, avec (...) justesse.

Ceux qui restent

[Anne Émond] (...) démontre une belle sensibilité, tant dans l'écriture que dans la mise en scène. (...) Sa caméra s'attarde aux visages sans être intrusive, à la recherche de l'émotion. (...) LES ÊTRES CHERS est un film bouleversant, mais rempli de tendresse et d'humour, qui se termine sur une note d'espoir.

A Sensitive and Arresting Drama

The cast is exceptional across the board - particularly Louise Turcot’s performance in the brief but crucial role (...) - but Gaudette emerges as first among equals with his vivid yet understated, cumulatively heartbreaking portrayal of David. Special credit also must go to [Karelle] Tremblay.

Un Drame sensible porté par Maxim Gaudette

Jamais Anne Émond ne sombre dans le pathos, pas plus qu’elle ne cherche à expliquer le geste du père et du fils. (...) [Elle] présente ce qu’on serait tenté de qualifier de «tranche de vie». La vie ordinaire, avec ses hauts et ses bas, avec ses bruits et ses silences, mais surtout, avec son indicible beauté.

Perdrerai-je ma peine?

[C'est] l’antithèse de (...) NUIT #1. (...) voici une belle grande chronique familiale à aire ouverte. D’ailleurs, les paysages du Bas-Saint-Laurent, magnifiés par la direction photo, (...) se révèlent plus que simplement décoratifs: ils sont utilisés de manière très expressive, voire symbolique.

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